
Un agent qui lit vos emails et prépare les réponses, un autre qui qualifie vos demandes entrantes, un troisième qui tient votre tableau de bord commercial à jour. Il y a deux ans, il fallait un développeur et plusieurs semaines. Aujourd'hui, avec Make, un dirigeant de PME peut construire ses premiers agents en assemblant des blocs sur un écran. Encore faut-il savoir ce que l'outil fait vraiment, ce qu'il ne fait pas, et par où commencer.
Key Takeaways
- Make (ex-Integromat) est une plateforme d'automatisation visuelle née à Prague, rachetée par l'éditeur allemand Celonis en 2020
- Ses agents IA, lancés au printemps 2025, ajoutent la prise de décision à l'automatisation classique
- Un premier agent de tri d'emails se construit en une à deux heures et peut faire gagner plusieurs heures par semaine
- Depuis août 2025, Make facture au crédit : les modules IA consomment plus qu'un module classique
- Les données sont traitées dans des centres situés dans l'Union européenne, un atout RGPD, mais Make n'est pas auto-hébergé
Make, c'est quoi exactement ?
Make, anciennement Integromat, est une plateforme d'automatisation no-code née à Prague en 2012. Elle a pris le nom de Make en février 2022, seize mois après son rachat par Celonis, éditeur allemand spécialisé dans l'analyse des processus d'entreprise. L'éditeur annonce plus de 400 000 organisations clientes dans plus de 200 pays.
Le principe tient en une phrase : des scénarios visuels où chaque bloc est un module. Vous reliez un déclencheur (un nouvel email, une nouvelle ligne dans un tableur) à une chaîne d'actions (mettre à jour le CRM, envoyer une notification, générer un document). Le scénario s'exécute à chaque déclenchement.
Make se distingue par deux choses. D'abord son éditeur visuel : vous voyez le flux de données circuler d'un bloc à l'autre, y compris les embranchements et les retours en arrière. Ensuite la profondeur de ses intégrations, plus d'un millier de connecteurs, avec un accès aux fonctions des services connectés plus fin qu'un simple envoi de message.
Agent IA et automatisation classique : la différence
Une automatisation classique suit un chemin fixe. Vous définissez chaque étape à l'avance. Si le cas sort du cadre, l'automatisation échoue.
Un agent IA reçoit un objectif et des outils, puis décide lui-même des étapes. Concrètement :
| Critère | Automatisation classique | Agent IA |
|---|---|---|
| Logique | Chemin fixe | Décision autonome |
| Adaptabilité | Aucune | S'adapte au contenu |
| Configuration | Chaque étape à la main | Un objectif et des outils |
| Exemple | « À chaque email, envoie un accusé de réception » | « Lis mes emails, classe-les, rédige des brouillons pour les urgents » |
L'automatisation suit un chemin, l'agent choisit le sien.
Ce que les agents IA de Make savent faire
Make a lancé ses agents IA au printemps 2025. Concrètement, deux niveaux s'offrent à vous.
Les modules IA ponctuels : un bloc qui résume un texte, classe un email, extrait les champs d'une facture. C'est l'IA insérée en brique dans un scénario classique.
Les agents IA complets : un bloc agent qui reçoit une consigne, choisit ses outils et enchaîne les actions jusqu'au résultat. Il peut lire un email, interroger une base, préparer une réponse, et la soumettre à validation humaine avant envoi. C'est ce second niveau qui change le travail : l'agent gère les cas qui sortent du cadre, pas seulement ceux prévus à l'avance.
Les usages les plus rentables pour une PME : le tri et la réponse aux emails, la qualification des demandes de devis, le traitement des factures fournisseurs, la mise à jour du CRM à partir des échanges, la préparation de comptes rendus. Vous trouverez d'autres exemples concrets sur notre page des cas d'usage.
Construire votre premier agent avec Make
Le chemin le plus court passe par un cas simple : le tri des emails. Voici les étapes.
Étape 1 : créer le scénario
Dans Make, créez un scénario. Le déclencheur, c'est la boîte mail : chaque nouvel email lance le scénario. Make propose des connecteurs pour Gmail, Outlook et la plupart des messageries.
Étape 2 : connecter le modèle de langage
Ajoutez un module IA. Make se connecte aux principaux modèles (GPT, Claude, Gemini, Mistral et d'autres) via une clé d'API. C'est la seule donnée technique à récupérer : une clé fournie par le fournisseur du modèle, saisie une fois dans Make.
Étape 3 : écrire la consigne
C'est l'étape qui fait la qualité de l'agent. La consigne précise le rôle, les règles et le format attendu. Par exemple :
Tu es un assistant email pour un cabinet comptable. Classe chaque email en quatre catégories : urgent, à traiter, informatif, spam. Pour les urgents, prépare un brouillon de réponse. Ne réponds jamais sans validation explicite.
Étape 4 : brancher les sorties
Selon la catégorie, le scénario aiguille vers des actions différentes : création d'un brouillon, ajout d'un label, archivage, notification dans Slack ou Teams. Chaque branche se câble en quelques clics.
Étape 5 : tester, ajuster, surveiller
Envoyez une dizaine d'emails de test variés et regardez l'agent travailler. Ajustez la consigne si la classification dérape. Une fois en production, surveillez la consommation de crédits : c'est le point d'attention propre à Make.
Un premier agent de ce type se construit en une à deux heures et peut faire gagner plusieurs heures de tri chaque semaine.
Make et la confidentialité : ce qu'il faut savoir
C'est le point à regarder de près pour une PME française. Make est une plateforme cloud : vos scénarios et vos données transitent par les serveurs de l'éditeur, pas par les vôtres.
Deux nuances importantes. D'abord, Make est une entreprise européenne, basée à Prague, et traite les données dans des centres situés dans l'Union européenne. Pour la conformité RGPD, c'est un avantage réel face aux plateformes qui hébergent aux États-Unis. Ensuite, l'éditeur affiche des certifications sérieuses : SOC 2 Type II, ISO 27001, conformité RGPD.
Mais pour les données qui ne doivent pas quitter l'entreprise, il faut le dire clairement : Make n'est pas auto-hébergé. Un cabinet qui traite des dossiers clients très sensibles aura intérêt à regarder du côté des outils que l'on installe sur ses propres serveurs. C'est précisément le rôle d'un accompagnement : choisir le bon outil selon le niveau de confidentialité exigé. Les cabinets juridiques et les experts-comptables n'ont pas les mêmes contraintes qu'un commerce de détail.
Make, n8n ou Zapier : comment choisir
Trois plateformes, trois logiques.
| Critère | Make | n8n | Zapier |
|---|---|---|---|
| Modèle | Cloud, éditeur visuel | Open source, auto-hébergeable | Cloud, le plus simple |
| Intégrations | Plus d'un millier | Plusieurs centaines de nœuds | Le plus grand catalogue |
| Tarification | Au crédit depuis août 2025 | À l'exécution, gratuit si auto-hébergé | À la tâche |
| Confidentialité | Données traitées dans l'UE | 100 % chez vous si auto-hébergé | Hébergement aux États-Unis |
| Public | PME qui veulent de la puissance visuelle | Équipes techniques, forte confidentialité | Besoin immédiat, sans technique |
La règle simple : Zapier pour démarrer vite et simple, Make pour la puissance visuelle avec des données traitées dans l'UE, n8n pour la maîtrise totale et les données qui ne sortent pas.
Pour un agent IA, Make et n8n sont les deux choix sérieux. Make est plus accessible : l'éditeur visuel guide la construction, et la courbe d'apprentissage est plus douce. n8n demande un peu plus de technique mais offre l'auto-hébergement.
FAQ
Faut-il savoir coder pour créer un agent IA avec Make ?
Non. L'interface est entièrement visuelle : vous assemblez des blocs et renseignez des consignes en français. La seule étape technique consiste à récupérer une clé d'API auprès du fournisseur du modèle de langage, puis à la coller dans Make. Si vous savez paramétrer une règle de messagerie, vous avez le niveau requis.
Combien coûte un agent IA sur Make ?
Make propose une offre gratuite (1 000 crédits par mois), puis des forfaits payants qui démarrent à une dizaine de dollars par mois, en facturation annuelle, pour 10 000 crédits. Les modules IA et l'exécution de code consomment plus de crédits qu'un module classique. Aux crédits s'ajoute le coût d'usage du modèle de langage, facturé par son fournisseur à chaque appel.
Make est-il conforme au RGPD ?
Oui, sur le principe. L'éditeur traite les données dans des centres situés dans l'Union européenne, affiche les certifications SOC 2 Type II et ISO 27001, et fournit des clauses contractuelles. Ce qui reste de votre côté : choisir le bon centre de données, documenter le sous-traitant, et vérifier ce que vous envoyez dans les scénarios. Pour les données les plus sensibles, l'auto-hébergement reste la seule garantie de non-sortie.
Make peut-il s'auto-héberger ?
Non. Contrairement à n8n, Make est uniquement disponible en cloud. Si vos données ne doivent pas quitter votre infrastructure, orientez-vous vers n8n auto-hébergé, éventuellement couplé à un modèle de langage local.
Quelle différence entre Make, n8n et Zapier ?
Zapier est le plus simple et propose le plus grand catalogue d'applications, mais sa facturation à la tâche pénalise les scénarios complexes et ses données sont traitées aux États-Unis. Make offre l'éditeur visuel le plus puissant avec des données traitées dans l'UE. n8n est open source, auto-hébergeable, et le seul des trois à pouvoir tout faire tourner chez vous.
Le bon outil, au bon moment
Make est un bon point d'entrée pour une PME qui veut construire ses premiers agents IA sans coder, avec des données traitées en Europe. Ce n'est pas la réponse à tout : pour les données qui ne doivent pas sortir de l'entreprise, il faut un outil auto-hébergé.
C'est là que NexeAI intervient. Nous construisons vos agents avec vous, sur Make ou sur l'outil qui convient à vos contraintes, puis nous vous formons pour que vous deveniez autonome. Pas de boîte noire, pas d'abonnement perpétuel, pas de dépendance à un prestataire.
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